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La désunion de l’Europe 5 (1)

Beitragsfoto: Lesezeichen | © kertlis von Getty Images

Jean Marsia | AGEFI Luxembourg

Pas d’accord, Professeur De Grauwe, la désunion de l’Europe n’est plus utile, mais nuisible ! (zuletzt aufgerufen am 18.2.2026, 9.31 Uhr)

Paul De Grauwe est professeur à la London School of Economics. Avant l’âge légal de la retraite, il enseignait à la Katholieke Universiteit Leuven. Il a aussi donné cours à l’École des Administrateurs militaires, c’est là que j’ai fait sa connaissance, lorsque j’y étais stagiaire, de 1986 à 1988. J’ai presque toujours été d’accord avec ses nombreuses prises de position, mais pas avec la plus récente.[1]

Qu’écrit Paul De Grauwe sur la pensée de Joel Mokyr ?

Pour Paul De Grauwe, Joel Mokyr,[2] l’un des lauréats en 2025 du Prix d’Économie de la Banque de Suède en hommage à Alfred Nobel, pour ses travaux sur les conditions préalables à une croissance durable grâce au progrès technologique, a apporté la réponse la plus convaincante à la question de savoir pourquoi la révolution industrielle a vu le jour en Europe et pas ailleurs. Pour Joel Mokyr, selon Paul De Grauwe, la culture européenne qui a émergé après 1500, entre Christophe Colomb et Isaac Newton, a rendu possible la révolution industrielle européenne, grâce à l’évolution de la culture et des institutions européennes dans un sens plus favorable à l’accumulation et à la diffusion des connaissances utiles. Un marché des idées paneuropéen a diffusé les meilleures idées, bien que l’Europe fût extrêmement fragmentée sur le plan politique. Pour Paul De Grauwe, cette fragmentation s’est finalement avérée être un avantage fantastique, car elle rendait inefficace la répression des nouvelles idées par les pouvoirs politiques et religieux : les scientifiques et les philosophes déménageaient simplement vers d’autres lieux. Paul De Grauwe conclut que la désunion de l’Europe reste utile. Il laisse une question en suspens : le succès passé de l’Europe, fondé sur l’ouverture, la tolérance et la liberté, mais aussi sur la fragmentation politique, peut-il rester un fil conducteur pour son succès futur, dans un monde qui se ferme à l’ouverture et à la liberté et qui prône un nationalisme de type « notre peuple d’abord » ?

Ma synthèse de la pensée de Joel Mokyr

Pour en savoir plus, j’ai lu l’ouvrage de Joel Mokyr le plus accessible,[3] dans lequel il définit la culture comme l’ensemble des croyances, des valeurs et des préférences de la société, puis pose, contrairement à la vision marxiste selon laquelle les développements économiques et technologiques déterminent la culture,[4] qu’elle est capable de modifier les comportements, et que cela a été un facteur déterminant dans les transformations sociales.

Mokyr montre qu’une Europe politiquement fragmentée a rendu le marché européen des idées concurrentiel au cours de la période 1500-1700,[5] ce qui a favorisé la volonté d’explorer les secrets de la nature, pour surclasser les autres États. Parallèlement, une communauté transnationale de penseurs brillants, la République des Lettres, a diffusé des idées et distribué des écrits sur le marché des idées. Cette République informelle, transnationale, cosmopolite, ne tenait compte ni de l’ethnie, ni de la religion et utilisait au début le latin et le grec ancien, puis les langues vernaculaires, le français devenant prépondérant au siècle des Lumières.

Après 1500, la combinaison de découvertes géographiques, de progrès technologiques, d’une meilleure intelligence de la nature et d’un accès rapidement croissant à l’information persuada de plus en plus d’intellectuels que leur temps était plus sage et mieux informé que l’Antiquité.[6]

Pour Mokyr, la fragmentation politique et un environnement intellectuel favorable expliquent pourquoi la révolution industrielle s’est produite en Europe et non en Chine, malgré des niveaux similaires de technologie et d’activité intellectuelle. La version chinoise des Lumières restait contrôlée par l’élite au pouvoir. En Europe, les penseurs hétérodoxes et créatifs pouvaient trouver refuge dans d’autres pays et diffuser leurs idées au-delà des frontières.

Mokyr observe qu’en Europe, au Moyen-Âge, la religion et en particulier les monastères favorisaient le progrès technique, mais le progrès scientifique n’était pas suffisant pour provoquer une Révolution industrielle. Les guildes ont pu, selon le lieu et l’époque, être conservatrices ou novatrices, notamment pour renforcer les capacités militaires du souverain.

Au XVe s., l’imprimerie, qui permit aux informations et aux innovations de toucher un large public, lequel était moins soumis aux autorités conservatrices, l’amélioration de la métallurgie, de la construction navale et des instruments de navigation ont fait s’épanouir la créativité technologique. L’essor du commerce international, de l’astronomie, de l’optique, ont montré les erreurs contenues dans les ouvrages antiques et donné la primauté à l’observation sur la doctrine, favorisant le scepticisme et l’ouverture aux nouveautés.

Au XVIe s., l’Europe s’est beaucoup plus ouverte aux idées étrangères, notamment grâce aux grands navigateurs, en particulier Christophe Colomb, qui ont changé la perception du monde et aiguisé la curiosité. L’apport des pays arabo-musulmans, de l’Inde, de la Chine et du Japon fut considérable. Mokyr cite en exemple les chiffres arabes, l’algèbre, l’alcool, la porcelaine, le thé, mais aussi la pomme de terre venue d’Amérique. Quelques universités, dont Padoue et Leyde, puis celles d’Écosse, et certaines d’Allemagne au XVIIIe s., ont diffusé les sciences nouvelles. Les XVIe et XVIIes. ont été une époque de progrès scientifiques considérables et de progrès techniques majeurs, même s’ils furent moins spectaculaires et novateurs que les progrès accomplis dans le siècle précédent ou les siècles suivants. Ce qui changea, au cours de cette période, c’est que les entrepreneurs culturels et les innovateurs intellectuels ont réussi à produire une mutation radicale dans la culture dominante, les croyances et les attitudes des groupes qui comptaient pour un changement technologique durable. L’élite éduquée a cherché comment acquérir et distribuer le savoir utile, mais aussi ce que l’on pouvait en attendre. La culture nouvelle a conduit à de nouvelles institutions, qui ont rétroagi sur les croyances, jusqu’à l’avènement, au milieu du XVIIIe siècle, des Lumières industrielles.[7]

Mokyr constate que la Chine des Qing et le Japon des Tokugawa, ou l’Inde des Moghols, au lieu de profiter des opportunités que leur offraient par exemple l’imprimerie, ont opté pour le conservatisme et le repli sur soi. En Europe, la volonté d’exceller scientifiquement, technologiquement et économiquement a prévalu. Pour expliquer pourquoi les innovateurs européens ont prévalu sur les conservateurs, Mokyr s’appuie sur divers auteurs, qui considèrent que l’Europe tira des avantages considérables de sa fragmentation politique, quoique à un coût considérable dû aux guerres fréquentes, particulièrement après 1500, la religion étant devenue un casus belli, du moins jusqu’en 1648, grâce à la compétition entre ceux qui recherchent le pouvoir. La division en petits États serait favorable à la culture, en stoppant l’emprise de l’opinion populaire comme celle de l’État.

Mokyr juge que le réseau des intellectuels européens a progressivement gagné, entre 1500 et 1800, une relative indépendance par rapport aux institutions politiques et religieuses, ce qui a poussé les intellectuels à produire en grand nombre des innovations intellectuelles dans tous les domaines, et à les communiquer par la correspondance postale et la publication, que ce soit au moyen de livres, de brochures ou de périodiques, afin de gagner le respect de leurs pairs et collègues, chose devenue plus importante à leurs yeux que la possession de biens matériels. Cela impliquait une science ouverte, accessible à bas coût, pour être connu le plus largement possible, et aussi parce que la protection de la propriété intellectuelle n’était pas encore d’actualité. Cela posait le problème de la motivation des innovateurs, qui ne pouvaient guère compter que sur la vente des ouvrages imprimés, ou sur la vente d’une technologie à un investisseur public ou privé, ou sur l’acquisition d’un statut académique.[8]

Selon Mokyr, la République des Lettres est le chaînon manquant reliant deux groupes de travaux : ceux qui portent sur les institutions, qui font la différence entre les économies qui réussissent plus ou moins bien, par le soutien qu’elles apportent aux marchés, à commencer par celui des idées, et ceux qui voient dans la technologie et l’innovation l’origine de la Révolution industrielle et de la croissance économique durable. Pour Mokyr, c’est parce que la résistance à l’innovation a pu être surmontée dans toute l’Europe, aux XVIIe et XVIIIe s., qu’un ensemble de percées scientifiques et techniques ont pu se renforcer mutuellement et nous sortir de l’économie de subsistance, par la puissance du savoir utile accumulé. La fragmentation politique, qui permettait la concurrence, et l’unité culturelle, qui créait un vaste marché des idées, ont suscité suffisamment d’innovations pour vaincre la résistance au changement et initier la croissance économique moderne. Enfin, les Lumières finirent par former le soubassement culturel du succès des innovateurs et le fondement de l’émergence de l’économie moderne : elles ont soutenu la croissance du savoir utile, l’interaction entre la théorie et la pratique et l’amélioration des institutions politiques régissant les règles du jeu économique, ainsi que l’allocation des ressources et la distribution du revenu.[9]

Selon Mokyr, la méthode de validation des innovations intellectuelles par les pairs, que nous devons à la République des Lettres, reste la meilleure, pour autant que l’on dispose d’outils et d’une méthode pour tester mathématiquement et expérimentalement les alternatives ; les idées de Lavoisier, Newton et Pasteur finissent ainsi par s’imposer. C’est à cause de l’absence de tels outils dans les sciences sociales qu’il reste possible qu’une société autocratique, fermée et extractive, prévale sur une société démocratique, ouverte et inclusive, alors que Locke, dès la fin du XVIIe s., a énoncé quelles institutions politiques sont susceptibles de rendre le monde meilleur et plus prospère, en mettant, par une meilleure compréhension de la nature, ses ressources au service de l’humanité. À partir du milieu du XVIIe s., le savoir utile est de plus en plus perçu comme une force de changement économique et devient une source d’optimisme social et une force de progrès, ce qui est bienvenu après les guerres de religion. Les associations, les cafés et les loges maçonniques contribuent à diffuser les idées nouvelles en matière de sciences naturelles, de croissance économique et sont le lieu de débats politiques.[10]

Mokyr constate que, depuis Érasme, Giordano Bruno et Francis Bacon jusqu’aux Lumières, l’idée du progrès de l’humanité a émergé, conçue comme une progression de l’obscurité vers la lumière. Pour les progressistes, la quête du savoir utile est un projet collaboratif au sein d’un système compétitif. Les individus qui y participent ne sont pas coordonnés, mais ils œuvrent au profit de tout le genre humain. La croyance au progrès contribue à l’adoption de comportements favorables au progrès matériel, au développement économique, à l’encouragement des innovations, et au progrès institutionnel, l’émergence des États-nations.[11]

Selon Mokyr, les Lumières ont apporté un changement culturel qui fit de l’Europe le foyer de la modernité économique, car elles comportaient une culture des améliorations pratiques, une croyance au progrès social et la reconnaissance que le savoir utile était la clé de leur réalisation, mais aussi l’idée de pouvoir politique comme contrat social, les limites formelles assignées à l’exécutif, la liberté d’expression, la contestabilité intellectuelle, la tolérance religieuse, les droits humains fondamentaux consacrés par la loi, le constat que l’échange était un jeu à somme positive, le caractère vertueux de l’activité économique et du commerce, la sainteté des droits de propriété, et la folie des idées mercantilistes faisant de l’État, plutôt que de l’individu, l’objet ultime de la société.[12]

Mokyr constate néanmoins que la croissance économique pouvait et peut encore se produire dans des économies où les droits de l’homme sont piétinés, où la liberté d’expression et l’égalité devant la loi n’existent guère, où les droits de propriété ne valent que pour les riches et les puissants, et où le gouvernement est tyrannique et corrompu. Ce qui compte, c’est l’amorce d’une progression prolongée de la croyance aux pouvoirs transformateurs, au prestige social et au caractère vertueux du savoir utile. Sans l’émergence continue de techniques nouvelles fondées sur une meilleure intelligence des processus naturels, la croissance calera inexorablement.[13]

Mokyr constate cependant que la science doit plus à la machine à vapeur que la machine à vapeur à la science, mais que certaines applications de la science ont permis des avancées significatives en chimie, en balistique, en navigation maritime, par le calcul de la longitude et l’amélioration des chronomètres, et même en médecine, par l’inoculation, puis la vaccination contre la variole. Il met en évidence la synergie entre savoir utile et dextérité artisanale. Le perfectionnement de la machine à vapeur par Watt découle en partie des travaux de Cullen sur la température d’ébullition sous vide et celles des métiers à tisser vient des progrès de la mécanique ; l’essor de l’éclairage au gaz doit beaucoup aux travaux de Lavoisier et de Volta ; l’amélioration de l’efficacité des roues à aubes repose sur une meilleure compréhension de l’hydraulique grâce au développement du calcul différentiel par Parent, d’Alembert, Bernoulli, Euler et Borda ; la compréhension des phénomènes électriques a permis à Franklin l’invention du paratonnerre.[14]

Mokyr constate aussi que les convictions humanistes des Lumières ont permis, en Grande-Bretagne, de surmonter les intérêts économiques et d’aboutir à la suppression de la traite négrière, en 1807, puis de l’esclavage dans les colonies, en 1833.[15] Confrontés à des phénomènes incompréhensibles, les scientifiques des Lumières ont systématisé le classement, le comptage et le catalogage des observations, ce qui a permis des progrès en botanique (Linné), en chimie (Lavoisier), en économie (Gresham, Ricardo) et en médecine (Académie de Schweinfurt).[16] Mokyr cite Justin Lin, pour qui il faut distinguer le progrès technique fondé sur l’expérience, que l’on observe partout, et les avancées résultant de l’application délibérée de la recherche et du développement s’appuyant sur la science, qui n’a eu lieu qu’en Europe. Mokyr rappelle que pour Hume, dès 1742, c’est la diversité et le pluralisme de l’Europe, son fractionnement politique, qui sont la principale raison du fleurissement européen du savoir utile, les penseurs non conformistes y ayant plus de liberté que dans une Chine où l’activité intellectuelle était contrôlée par une administration impériale conservatrice. La réussite des examens impériaux imposait la mémorisation des textes classiques, et non l’innovation. Mokyr observe que l’industrialisation, l’amélioration des réseaux de transport, la réduction des barrières commerciales internes et externes à l’Europe ont abouti à une plus grande intégration du marché en Europe dans la première moitié du XIXe s. En Europe, les idées établies ont été de plus en plus confrontées aux faits par l’observation, l’expérimentation et le calcul. Si les innovateurs étaient réprimés quelque part, ils avaient la possibilité, en Europe, d’émigrer. Ce fut le cas des huguenots après la révocation de l’édit de Nantes en 1685.[17]

Mokyr conclut que si les économies croissent, c’est en partie parce que certains peuples arrivent à développer leur savoir collectif et à l’orienter à des fins productives de façon suffisante et durable. C’est ce que l’essor des Lumières a permis à l’Europe de réaliser, en modifiant la culture dans un sens favorable au progrès scientifique et technique, en instaurant le pluralisme des idées et en laissant la concurrence jouer entre elles. L’Europe a ainsi pu préserver la partie utile de la culture antique tout en en réfutant les parties qui ne résistent pas à la confrontation avec les faits, notamment avec les résultats des expérimentations, à la corriger et à la compléter. De plus, les Lumières ont fait adopter deux idées essentielles : d’une part, que le savoir et la compréhension de la nature peuvent et doivent être mis au service du progrès, notamment matériel, de l’humanité, et d’autre part que le pouvoir, le gouvernement ne sont pas là pour servir les riches et les puissants, mais bien l’ensemble de la société.[18]

Quelle conclusion en tirer ?

Mokyr ne signale pas que l’unité intellectuelle et culturelle de l’Europe remonte à Charlemagne, qui a installé une Académie en son palais d’Aix-la Chapelle, pour recueillir et transmettre dans l’empire ce qui a pu être sauvé de l’héritage de la Grèce antique et de Rome, suscitant la Renaissance carolingienne. L’empereur a imposé l’usage du latin et de la calligraphie caroline, qui permettait d’être lu partout. Il a promulgué en 789 l’Admonitio generalis, qui instituait un enseignement fondé sur les sept arts libéraux, le résumé du programme de formation des élites civiles et militaires défini par Socrate (-469, -399) selon La république de Platon : la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique.

Après Charlemagne, l’Europe s’est fragmentée, mais l’usage du latin par les intellectuels a permis la fondation de la République des Lettres, dont le premier promoteur fut Érasme (1469-1536). Son plaidoyer[19] en faveur de l’union politique de l’Europe face au danger ottoman a été vain, car chaque prince a imposé sa religion, réformée ou non, dans son État. Victor Hugo, en 1849, Richard Coudenhove-Kalergi et Winston Churchill, en 1923, Dwight D. Eisenhower, en  1951, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, de 1958 à 1963, ont, en vain, appelé à unifier l’Europe, politiquement et militairement. Notre désunion nous a coûté en deux siècles des dizaines de millions de morts, de blessés, de traumatisés, la destruction d’un énorme patrimoine et un déclassement sur la scène internationale qui s’amplifie. En 2024, le 18 avril, M. Letta a rendu public « Much more than a market », une vue prospective sur l’avenir du marché unique. Le 9 septembre, M. Draghi a divulgué « The Future of European Competitiveness ». L’un et l’autre dénoncent le recul industriel, économique et financier de l’Europe notamment par rapport aux États-Unis d’Amérique et à la Chine. Le 30 octobre, le rapport intitulé Safer Together : Strengthening Europe’s Civilian and Military Preparedness and Readiness de M. Niinistö sur la préparation de l’UE à la gestion des crises a souligné la dépendance croissante de l’Europe en matière de sécurité et de défense. Le retour au pouvoir de M. Trump, il y a un an, lui a permis de profiter de notre faiblesse.

À la fragmentation politique de l’Europe, il faut substituer le fédéralisme. Inventé en 1787, ce concept concilie l’unité, source de puissance, et le respect d’une diversité qui est source de créativité. Il permet ainsi, par exemple, la défense commune, tout en maintenant les spécificités des États fédérés, et une saine concurrence entre eux, sans nuire à l’unité culturelle de l’Europe et à notre marché des idées.

Espérons qu’une nouvelle génération d’hommes et de femmes d’État nous sortent du désastre auquel nous sommes confrontés. Cessons en tout cas de voter pour ceux qui en sont manifestement incapables. Vouloir, comme l’Union européenne, organiser une défense commune avant d’avoir uni politiquement l’Europe, n’a pas de sens. Le général de Gaulle l’avait dit en 1953, en conférence de presse à l’hôtel Continental, l’histoire a montré qu’il avait raison. En se fédérant, l’Europe pourrait faire primer le bien commun européen sur les intérêts particuliers des États nationaux, afin que l’Europe puisse exister géopolitiquement dans un monde de plus en plus hostile. La S€D poursuit ses efforts afin d’identifier et d’accompagner le premier gouvernement qui se laissera convaincre d’amorcer le processus fédératif.


[1] Voir Paul De Grauwe, “Hoe de politieke versnippering in Europa uiteindelijk een fantastisch voordeel bleek” in De Morgen, https://www.demorgen.be/meningen/hoe-de-politieke-versnippering-in-europa-uiteindelijk-een-fantastisch-voordeel-bleek~bff6fe78/, 29/12/2025.

[2] Joel Mokyr partagé le prix avec Philippe Aghion et Peter Howitt, qui ont amélioré la théorie de la croissance durable à travers la destruction créatrice.

[3] Voir Joel Mokyr, A Culture of Growth: The Origins of the Modern Economy, Princeton, Princeton University Press, 2018, traduit par Pierre-Emmanuel Dauzat, La culture de la croissance. Les origines de l’économie moderne, Paris, Gallimard, 2019.

[4] Voir Joel Mokyr, La culture de la croissance. Les origines de l’économie moderne, op. cit., p. 389.

[5] Idem, p. 225-258.

[6] Idem, p. 389. Mieux informé sans doute, jusqu’à l’époque contemporaine, qui a vu le développement exponentiel de la désinformation. Plus sage, on peut en douter au vu des guerres de religion, des Guerres mondiales, des régimes totalitaires des XXe et XXIe siècles et de la promesse de destruction mutuelle assurée en cas de conflit thermonucléaire.

[7] Idem, p. 278.

[8] Idem, p. 279-291.

[9] Idem, p. 331-334.

[10] Idem, p. 335, 340, 342.

[11] Idem, p. 379-381.

[12] Idem, p. 409.

[13] Idem, p. 410.

[14] Idem, p. 414-420.

[15] Idem, p. 424.

[16] Idem, p. 427-430.

[17] Idem, p. 437-482.

[18] Idem, p. 517-520.

[19] Voir Jean-Pierre Vanden Branden, Érasme et son temps. Trente essais d’études érasmiennes, Bruxelles, Rotary club Bruxelles Érasme, 2022, p. 21.


Wie immer ein sehr lesenswerter Beitrag von Jean Marsia. Was mich dabei immer wieder erstaunt ist, wie man selbst bei einer gemeinsamen Sache so unterschiedlicher Meinung sein kann.

Es kommt dabei wohl immer auf die einzelnen Perspektiven an, aus denen man auf das gemeinsame Objekt der Begierde schaut.

Was ich aber wohl nie verstehen werden kann, wie sich Menschen an anderen nicht nur orientieren können, sondern diese dazu noch auf Podeste setzen wollen.

Aber wenn es der gemeinsamen Sache dient, sollte dies das kleinste Problem sein.


Fediverse Reactions
Dilbert Electronic Candy Dispenser

17.2.02026 5 (6)

Beitragsfoto: Dilbert Electronic Candy Dispenser

Schrumpfland

Seit den 1970er-Jahren ist es hinlänglich bekannt, dass wir nicht nur immer älter, sondern auch immer weniger werden. Was bisher nur dazu führte, dass die Politik den Kopf in den Sand steckte und keinerlei Konsequenzen aus dieser Tatsache zog.

Man hätte nicht nur die Renten- und Wirtschaftspolitik seit Jahrzehnten entsprechend anpassen, sondern auch eine verantwortliche Einwanderungspolitik schaffen müssen.

Nein, hat man alles nicht — keine einzige unserer Parteien! Denn der Wähler will betrogen werden! — und sogar dafür gesorgt, dass nicht nur die Infrastruktur völlig überdehnt, sondern auch noch völlig vernachlässigt wurde. Mit plumpen Sprüchen wie die „Renten sind sicher“ und „Bildung darf nicht anstrengen“ hat man den Pöbel beruhigt und die intelligenteren und leistungsfähigeren Bevölkerungsteile regelrecht aus dem Land getrieben.

Schlimmer noch, eine fehlende Einwanderungspolitik hat zudem dafür gesorgt, dass wir stetig Neuzugänge bekommen, die das Problem nur verschärfen anstatt zu lindern — Rentner, Kranke, Friseure und Ungelernte haben wir seit Jahrzehnten bereits mehr als genug. Wobei unser ungenügendes Bildungssystem aus dem vorhandenen Angebot kaum noch Brauchbares generieren kann — Scheinabschlüsse und gekaufte Zertifikate helfen auch nicht weiter.

Die Bevölkerung schrumpft weiterhin und damit auch die Wirtschaft. Fehlende Fachkräfte und mangelhafte Bildung beschleunigen die Abwärtsspirale nur noch. Wir haben schon sehr lange fertig!

Schon regelrecht lustig ist es mit anzusehen, wie nun unsere politische Intelligenz glaubt, dass man mit einer Politik von vorgestern die Zeit um gut einhundert Jahre zurückdrehen kann.

Für jene von uns, die noch ein Morgen haben, wird es sehr bitter werden. Ob diese dann aber daraus auch die richtigen Konsequenzen ziehen, darf bezweifelt werden. Dafür müsste man selber lesen, schreiben und rechnen können.

Vermischtes

Die Frage des heutigen Tages: Catbert oder Dogbert? Manch andere fragen sich Fasching oder Winterspiele? Dürfte letztendlich auf dasselbe hinauslaufen. Wobei, es sind doch eher die Karnevalsgesellschaften und olympischen Komitees, die Wladimir Putin gerade in den Hintern kriechen. Apropos ist Arschkriechen eigentlich bereits olympisch? Volkssport ist es bei uns schon sehr lange.

Heute kurz auf der Stuttgarter Messe vorbeigeschaut, denn am Wochenende gibt es dort einen Bundesparteitag. Um 3 000 Parteimitglieder zu bespaßen, wird ein richtig großer Aufwand betrieben, das sollte man sich einmal angeschaut haben — ohne Ehrenamtliche geht aber auch dies nicht bei uns. Wie die wohl damals die Reichsparteitage in Nürnberg organisiert haben?

Aus aktuellem Anlass noch eins meiner Lieblingsfilmzitate aus 1979:

„I love the smell of napalm in the morning.“

LIEUTENANT COLONEL BILL KILGORE (Robert Duvall)

Logik

Je schwieriger und komplexer ein Thema ist, umso mehr Idioten und dunkle Gestalten werden davon angelockt. Was eigentlich logisch ist, denn würde sich ein Thema um Butterbrote drehen, dann erkennen die allermeisten sofort, wenn Deppen und Scharlatane darüber debattieren.

Was das Ganze jetzt mit Logik zutun hat, weiß ich nun selber nicht, wollte einfach auch einmal durch einen elaborierten Beitrag brillieren.

Und das beendet meinen heutigen Beitrag zur Rüstungs- und Verteidigungspolitik. Ich überlasse das Feld wieder den Experten und Wissenschaftlern aller Art. Gerne auch jenen Bloggern, denen es langweilig geworden ist, nur noch über KI zu schreiben.

Dabei wäre es höchst interessant, einmal darüber zu lesen, was man so aktuell unter Artificial Intelligence überhaupt versteht und wie man gedenkt, das, was man darunter versteht und subsumiert, auch sinnvoll und wirtschaftlich nutzen zu wollen.

Sollte es mir einmal langweilig werden, dann weiß ich jetzt Bescheid, kaufe mir eine KI-Drohne und sichere mir damit die Weltherrschaft (Dogbert).


Meistersinger

16.2.02026 5 (6)

Beitragsfoto: Stuttgarter Staatsoper

Nuklearwaffen

Jetzt kommen die feuchten Träumer auch noch mit Konrad Adenauer um die Ecke. Hätte dieser damals schon gewusst, was wir heute über Nuklearwaffen wissen, wäre er sicherlich kein Freund einer atomaren Aufrüstung Deutschlands gewesen. Denn er war nicht nur gebildet und politisch informiert, sondern er konnte auch rechnen.

Heute geht es aber längst nicht mehr um große Politik oder gar um unser Land, sondern nur noch darum, wo und wie kann man sich am besten selbst bereichern. Und mit einer atomaren Aufrüstung verlassen wird den Bereich von Hunderten von Milliarden Euro und reden künftig gleich über Billionen. Damit werden viele Entscheidungsträger schon alleine von den Rundungsfehlern unsagbar reich und unsere systemrelevanten Personen dürfen darauf hoffen, einen Elon Musk und andere nunmehr weit hinter sich lassen zu können.

Aber mit Sicherheit bekommt man den deutschen Michl immer! Das ist das Zauberwort, um uns auch noch den allerletzten Cent aus der Tasche zu ziehen.

Vermischtes

Zur Entspannung gleich heute Morgen eine Fahrt mit dem meseno-Bus. Und so langsam trödeln auch die Anmeldungen zum diesjährigen Europa-Ball ein. Neben dem Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold hat nun auch die Ökologische Partei Deutschland einen Informationsstand angemeldet.

Für mich war es gestern neu zu erfahren, dass die Stuttgarter Staatsoper auch größenmäßig mit an der Weltspitze steht. Was nun auch erklären könnte, warum die Sanierung dieses Dreispartenhauses so teuer werden wird. Wer mit an der Weltspitze dabei sein möchte, der muss sich dies auch etwas kosten lassen wollen.

Horst Schulte möchte heute in einem Blog-Beitrag die Kindheit zurückerobern. Das mit den Verboten ist so eine ganz eigene Sache. Auch die vielen E-Scooter sind den Kindern verboten, wobei man zugucken kann, wie diese von den Eltern für ihre Kinder freigeschaltet werden. Ich befürchte, dass gerade Verbote nicht die Zielgruppe erreicht, die man damit erreichen müsste. Und das dürfte schon immer so gewesen sein, sonst gäbe es schon lange keine Verbrechen mehr

Zudem steht zu befürchten, dass solch ein Verbot wieder einmal nur dazu genutzt werden soll, um uns Menschen insgesamt zu entmündigen und zu kontrollieren. Wer es also mit einem Verbot ernst meint, der soll nicht alle gängeln wollen, sondern einfach nur jene drakonisch bestrafen, die man erwischt!

Jede Wette, es wird darauf hinauslaufen, dass man uns alle fürchterlich gängelt und die ertappten „Verbrecher“ dann beschützt und betütelt, weil sie doch nichts für ihre Taten können und die Gesellschaft dafür verantwortlich sei.

Derweil schreibt Peter Addor heute über „Systemdenken“ und wer seine Beiträge kennt, der weiß, dass man darauf sehr lange herumdenken können wird.

Magnus Carlsen hat nun auch den zumindest bisher letzten Meistertitel im Schach gewonnen, nämlich die Freestyle-Schach-WM. Ich habe mir vor Kurzem einmal das Freestyle-Schach angeschaut und kam zu der Erkenntnis, dass ich das traditionelle Schach zu wenig beherrsche, um mich nun auch noch in solchen Gefilden zu verlieren.

Meistersinger

Gestern öffneten sich die Türen des größten Dreispartenhauses der Welt um 15.00 Uhr. Kurz nach 22.00 Uhr verließen meine bessere Hälfte und ich die Staatsoper Stuttgart, um in einem Schneegestöber nach Hause zu fahren.

Dazwischen drehte sich alles um Richard Wagner, genauer um die Meistersinger von Nürnberg. In einer der Pausen trafen wir auf einen Bekannten, der aufgrund einer Meistersingeraufführung hier im Haus in den 1970er-Jahren zu Wagner fand. Was mich dann doch etwas erstaunte. Für mich war bis in die 1980er-Jahre hinein alles von Richard Wagner und ganz besonders seine Fangemeinde ein Fall für Sigmund Freud. Den Ritt der Walküren verbuchte ich unter „ein blindes Huhn …“.

Gegen Ende der 1980er-Jahre traf ich in einem BSA Camp im Rust Belt auf einen waschechten Wagnerianer, was mir einen ganz anderen Blick auf Wagners Musik eröffnete. Es sind die gewaltigen Untiefen seiner Musik sowie die unendlich langen Zwischentöne, die mit der Zeit den geneigten Hörer für diese Art der Musik begeistern können, vorausgesetzt, diese Hörer verfügen über ausreichend Leidensfähigkeit.

Inhaltlich dürften die Meistersinger sicherlich nicht zu Wagners tiefsinnigeren Werken gehören, wohl deshalb hat er sie auch als komische Oper geplant. Ganz Verkaufsgenie schrieb er die Meistersinger sicherlich für eine Kundschaft, die schon damals völlig aus der Zeit gefallen gewesen sein dürfte — von Friedrich Schiller oder gar einer Emilia Galotti haben diese Menschen sicherlich nichts gehört. Zur Entschuldigung, Effi Briest wurde erst später geboren. Und das Ganze verknüpfte er dazu noch mit einer Deutschtümelei, für die er noch heute gerne zur Verantwortung gezogen wird.

Nicht nur aufgrund seiner Länge, sondern auch, weil man sehr viel Personal benötigt, gibt es wenig Gelegenheiten, um sich die Meistersinger einmal selbst anzuschauen. Es sei denn, man pilgert regelmäßig nach Bayreuth — ich kenne Menschen, die tun dies alleine aufgrund ihres musikalischen Geschmacks.

Und so war es wieder einmal an der Zeit, dass die Stuttgarter Staatsoper sich diesem Thema annimmt, ganz besonders weil große Opernhäuser schon längst damit begonnen haben, um auch alte Opern zu entstauben und in die heutige Zeit zu versetzen. Die Meistersinger von Nürnberg, welche besonders im Dritten Reich stark missbraucht wurden, stellen dabei sicherlich eine sehr große Herausforderung dar.

Und das verführte mich dazu, mir diese Oper noch einmal in Gänze zu geben. Elisabeth Stöppler verantwortet diese Inszenierung und sie hat ihren Job sehr gut gemacht! Highlight sicherlich das Einspielen der Todesfuge von Paul Celan gleich zu Beginn des dritten Akts. Gleich gefolgt von den filigranen Vogelköpfen, die den inhaltlichen Murks des Stücks gut konterkarieren. Auch gut, mir aber noch viel zu wenig und zu vorsichtig, wie sich Elisabeth Stöppler dem Geschlechterthema der Oper zuwandte — nett der Heiratsantrag von Lene an David.

Noch heute dürfte der Schluss des Stücks der schwierigste Part sein und ich werde es wohl auch zukünftig nicht erleben, dass man den ganz einfach und ganz bewusst weglässt oder völlig neu gestaltet.

Wie gestern gezeigt, man kann die politische Aussage des Stücks, besonders nach den Erfahrungen aus dem Dritten Reich, ins rechte Licht setzen und dem Musikliebhaber damit wieder die Musik zurückgeben.

Was aber nicht und gerade in der heutigen Zeit die eigentliche Ursache des Problems anpackt, nämlich warum auch noch heute Menschen wie vermutlich damals auch Richard Wagner und ganz aktuell ein Donald Trump mit einem völlig verschrobenen Menschenbild auf ihre Mitbürger losgelassen werden — da reicht ein Heiratsantrag nicht aus!

Ich habe das Stück immer noch nicht verarbeitet und sicherlich auch viel verpasst; meine Liebe zu Wagners Musik ist bei weitem aber nicht groß genug, dass ich mir diese Inszenierung nochmals anschaue, was diese dank dem tollen Engagement von Sängern und Musikern sicherlich mehr als verdient hätte! Und ob ich noch jung genug bin, dass ich mir später wieder einmal die Meistersinger antue, wage ich schon heute zu bezweifeln.

Deshalb gucke ich mir bei Gelegenheit die hier verlinkte Besprechung des Stücks einmal etwas genauer an.