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Paix de Trump 3.6 (7)

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Jean Marsia | AGEFI Luxembourg

Le « Jour de la Libération » et la « paix de Trump » (April 2025: 18; Artikel wird hier von mir zur Verfügung gestellt)

Jean Marsia nimmt seit Jahren aktiv an den Hertensteiner Gesprächen teil. Seine Beiträge in der AGEFI Luxembourg befinden sich hinter einer Bezahlschranke.


Le « Jour de la Libération » et la « paix de Trump »

Par Jean MARSIA, président de la Société européenne de défense AISBL (S€D)

Le « Jour de la Libération », celui où Trump a annoncé une hausse arbitraire des droits de douane, a été présenté par son administration comme une tentative de réindustrialiser les États-Unis d’Amérique et de résorber leurs déficits, budgétaire et commercial. Il me semble qu’en réalité, Trump a tenté de mettre fin à la mondialisation en portant en moyenne à 25 % les droits de douane, ce qui n’était plus arrivé depuis la mise en place de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce en 1947, auquel a succédé l’Organisation mondiale du commerce en 1995. La fin de la mondialisation devrait avoir l’effet inverse de son instauration, rendue possible par la fin de l’URSS et la libéralisation de l’économie chinoise. Des centaines de millions d’êtres humains ont vécu dans un bien-être matériel plus grand, après, il est vrai, une décennie de récession pour les Russes.

C’est pourquoi, en moins d’une semaine, Trump a subi la pression des bond vigilantes, les placeurs qui protestent contre des politiques, dans le cas présent fiscales, jugées inflationnistes. En vendant massivement des obligations, ils font baisser leur prix et augmenter le taux d’intérêt. En conséquence, Trump a ramené la hausse des droits de douane à 17 % en moyenne, mais son « Jour de la Libération » aura des effets durables, tant sur le plan économique que géopolitique.

Certes, la baisse du cours du dollar, qui valait 0,96 € en janvier et 0,87 € début avril, facilitera les exportations américaines, mais seuls quelques secteurs économiques stratégiques vont être relocalisés aux États-Unis d’Amérique : dans une économie développée comme la leur, la part dans le PIB de l’agriculture, puis de l’industrie manufacturière se réduit au profit des services, car il est moins coûteux de produire les biens ailleurs dans le monde, en diversifiant de préférence les sources pour garantir la sécurité de l’approvisionnement. Les droits de douane ne changeront pas grand’chose au déficit commercial américain.

Les droits de douane ne combleront pas le déficit budgétaire américain, au contraire. Ils vont provoquer une baisse des importations, une hausse de l’inflation et une récession économique. Le déficit budgétaire américain pourrait passer de 6 à 7, voire 8 % du PIB, alors que la dette publique atteint 124 % du PIB. La dette extérieure publique et privée ou position extérieure nette américaine est, elle, de 90 % du PIB. C’est le pourcentage le plus élevé au monde. En cas de récession, cette dette deviendrait vite insoutenable. C’est pourquoi la Chine et le Japon ont commencé à vendre les bons du Trésor américain qu’ils détiennent. Les Européens pourraient les suivre. Le dollar américain cesserait d’être la monnaie de réserve mondiale.

Les droits de douane n’inciteront pas les Américains à épargner plus, car l’inflation réduira leur pouvoir d’achat. Ils ne seront pas capables de racheter les bons du Trésor, dont la valeur va s’effondrer.[1]

L’Union européenne (UE) a envoyé son commissaire au Commerce extérieur négocier à Washington avant de prendre des mesures de rétorsion. Déjà les touristes sont moins nombreux aux États-Unis d’Amérique. Les financiers pourraient suivre le mouvement. Les cours des actions ont chuté en bourse puis ont rebondi, mais pas jusqu’au niveau précédent. Le boycott des produits américains s’amplifie dans le monde.

Sur le plan géopolitique, Trump et son administration ont montré un profond mépris pour les alliés de longue date des États-Unis d’Amérique, en Europe comme dans la zone indopacifique, mais c’est envers l’Ukraine que les bornes ont été dépassées, en l’accusant d’être le fauteur de guerre, alors que nous avons tous vu les images satellites des colonnes de chars russes se dirigeant vers Kiev en février 2022.

Cette situation suscite de nombreux questionnements en Europe et plus encore en Ukraine.

Voici mes réponses à quatre des questions qui m’ont été posées.

Sur les perspectives de paix

Pendant la campagne présidentielle, Trump promettait de mettre fin à la guerre en Ukraine en 24 heures, or la « paix de Trump en Ukraine » n’est toujours pas réalisée, près de trois mois après sa seconde investiture. C’est pourquoi il a menacé la Russie de nouvelles sanctions si elle ne consentait pas à la paix. La fanfaronnade de Trump a fait long feu. Les négociations qui ont cours en Arabie saoudite n’ont jusqu’à présent produit qu’un cessez-le-feu limité aux infrastructures énergétiques, qui a été immédiatement violé. Poutine a posé des conditions inacceptables à un cessez-le-feu en mer Noire. Il n’accepte pas de limiter son impérialisme et ne fait aucune concession. Il veut atteindre tous les objectifs assignés à l’opération spéciale, notamment la cession des oblasts de Louhansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson, qu’il n’occupe qu’en partie, la mise en place d’un régime fantoche à Kiev, le désarmement de l’Ukraine qui deviendrait un territoire neutre et la fin de la coopération militaire entre l’OTAN et l’Ukraine. Zelensky s’est montré conciliant quant au cessez-le feu, mais pas quant à la cession de ressources minières aux Américains sans garanties de sécurité.

Le 11 avril, M. Witkoff, l’émissaire de Trump a rencontré Poutine en Russie pour la troisième fois et pendant quatre heures trente. Il s’est aussi entretenu avec le négociateur russe sur les questions économiques, M. Dmitriev, qui fut début avril le premier haut responsable russe accueilli à Washington depuis le 24 février 2022. Trump veut rétablir les relations bilatérales avec la Russie pour l’éloigner de la Chine, qu’il considère comme la principale menace pour la suprématie américaine. Il me semble improbable que Trump puisse rééditer le coup d’éclat de Nixon et Kissinger, qui avaient réussi à éloigner la Chine de l’URSS pour mettre fin à la guerre en Indochine, car les rapports de force ont beaucoup changé. De plus, Mao et Khrouchtchev ne s’entendaient pas, alors que Xi soutient manifestement Poutine. Le 8 avril, l’armée ukrainienne a capturé deux soldats chinois. En réagissant à cette annonce, la porte-parole du département d’État américain a rappelé que la Chine fournit près de 80 % des articles à double usage dont la Russie a besoin pour soutenir la guerre. Comme Trump et Vance se sont engagés lors de la campagne électorale à mettre fin à la guerre, ils vont céder beaucoup à Poutine pour ne pas perdre la face, probablement trop pour que ce soit acceptable pour l’Ukraine et pour l’Europe, car une victoire de Poutine ferait augmenter le risque d’agression, en Europe orientale notamment. La guerre hybride nous est faite par Poutine sans discontinuer depuis 2007. Depuis le début de 2024, 11 câbles ont été endommagés en Baltique, notamment par des navires laissant traîner leur ancre sur le fond marin.[2]

Le nouveau paysage géopolitique vu de Washington risque donc d’être une Amérique isolée, sans plus guère d’alliés, faisant face à un bloc composé de la Chine, de la Russie, de l’Iran et de la Corée du Nord, pour ne citer que les partenaires les plus évidents, car les routes de la soie ont doté la Chine d’un réseau mondial.

Sur l’avenir de l’OTAN

Bien que l’Europe reste leur principal partenaire commercial et le premier investisseur aux États-Unis d’Amérique, selon l’Interim National Defense Strategic Guidance du secrétaire à la Défense Hegseth divulguées par le Washington Post, les États-Unis d’Amérique n’apporteraient probablement à l’Europe qu’une aide limitée à la dissuasion nucléaire en cas d’attaque russe, car ils veulent concentrer leurs forces sur un éventuel conflit avec la Chine à Taïwan.[3]

Dans ces conditions, peut-être l’Otan pourrait-elle devenir une ébauche d’union de défense européenne, avec le Royaume-Uni et la Turquie, qui ont participé à un récent sommet de l’UE à Paris. Le personnel politique et diplomatique européen semble en effet suffisamment déboussolé pour s’engager à nouveau dans la voie d’une défense « européenne » intergouvernementale, sans avoir mis préalablement en place une union politique fédérale de l’Europe. Ce serait emprunter le chemin sans issue qui le fut à maintes reprises depuis 1951.

L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie a poussé les pays européens à augmenter considérablement leurs budgets de défense, mais les lacunes à combler en matière de capacités restent très importantes. La passation de marchés et le développement des capacités demeurent fragmentés. L’industrie européenne de la défense est sous-dimensionnée et organisée en fonction des États. L’UE dispose d’outils limités pour aider à développer la production de défense, encourager la recherche et le développement communs et promouvoir la passation conjointe de marchés, mais le financement actuel ne conduit pas à des changements majeurs.

Parce qu’elle n’est qu’une association d’États, l’UE n’est pas en mesure d’assurenotre sécurité et notre défense : lesÉtats ont le monopole de l’usage légitime de la force. D’un point de vue militaire, pour une défense efficace, crédible et donc dissuasive de l’Europe, il faut définir une chaîne de commandement, européenne, unique, légitime et donc émanant d’un pouvoir politique démocratiquement élu au niveau européen.

Les rapports Letta, Draghi et Niinistö qui vont dans ce sens sont déjà archivés et l’Europe se remet à rêver. Un exemple : M. Lembit Uibo, l’ambassadeur d’Estonie en France estime que son pays est protégé, car a-t-il dit : « Nous avons les trois puissances nucléaires de l’Otan présentes en Estonie ! ».[4] L’ambassadeur a tort : la dissuasion, ce n’est pas seulementdéployer des capacités militaires, même des moyens de destruction massive, c’est surtout persuader l’adversaire qu’on estprêt à les utiliser. Il devrait plutôt se demander dans quel délai les trois puissances nucléaires de l’Otan quitteraient l’Estonie si Poutine et Trump échangeaient la prise du Groenland contre celle de l’Estonie.

Il est devenu déraisonnable de s’appuyer sur l’OTAN, c’est-à-dire sur les États-Unis d’Amérique. L’Europe ne peut pas non plus compter sur la France : es présidents Chirac et Macron ont voulu ouvrir le parapluie nucléaire français pourcouvrir l’Europe, mais Poutine a cru et croit toujours que la France ne va pas risquer la destruction de Lyon, Bordeaux ou Lille pour protéger Tallinn, Riga ou Vilnius. Son raisonnement s’applique aussi à la Grande-Bretagne.

L’Otan sans les Américains, c’est un peu de capacités militaires, et beaucoup de lacunes. Rien que nos services de renseignement dépendent des satellites, des serveurs et des ordinateurs de haute technologie made in USA. Pour combler les lacunes, il faudra du temps et de nouveaux moyens.

Le plan Rearm Europe d’Ursula von der Leyen permettrait de contourner les critères de convergence budgétaire européens pour permettre aux États membres d’emprunter jusqu’à 650 milliards €. Elle propose en outre que l’UE emprunte 150 milliards € pour les mettre à la disposition des États, mais ce n’est encore qu’un concept qui n’est pas prêt de se transformer en manne financière. Nous savons que les 750 milliards € du plan Next Generation EU mis en place après le Covid ont permis de satisfaire 70 % des demandes, mais seulement à hauteur de 213 milliards €, tant les procédures sont lourdes. Le plan Rearm n’envisage pas de procéder comme pour les vaccins, qu’une autorité européenne avait achetés pour tous les États. Ceux-ci garderaient la maîtrise de la passation des marchés publics. En décembre 2024, le commissaire européen Kubilius avait pointés les inconvénients de ce système : il est très lent, très incrémental, génère des économies d’échelle limitées et ne donne pas à l’industrie les moyens d’accroître et d’accélérer sa production.

Sur le budget de l’UE

Le sixième cadre financier pluriannuel adopté pour la période 2021-2027 doit manifestement être ajusté à cause de la guerre en Ukraine, mais les réunions déjà nombreuses des dirigeants européens depuis l’investiture de Trump le 20janvier ont surtout mis en évidence l’absence d’unanimité au sein de l’UE. Le nouveau budget, s’il est voté, devrait comporter d’une part des fonds qui compenseront en partie la diminution probable de l’aide américaine à l’Ukraine, mais on sait que la Hongrie opposera son veto ; d’autre part, une enveloppe permettant de combler nos lacunes capacitaires, mais la France ne veut pas, contre l’avis majoritaire, que l’argent européen serve à acheter du matériel américain.

L’OTAN a échoué depuis 75 ans à rendre plus efficientes les dépenses de défense européennes. Depuis 1992 et le traité de Maastricht, l’UE n’a pas su faire mieux. L’effort de défense européen s’élève à plus de 400 milliards € par an, qui serventprincipalement à payer près d’un million et demi de soldats, dont moins de 50.000 sont réellement opérationnels. La nouvelle doctrine de l’OTAN prévoit qu’en cas d’attaque, les pays européens doivent mobiliser 300.000 soldats dans un délai d’un mois et 500.000 dans un délai de six mois, sans préciser comment faire. En dépensant la moitié du budget de ladéfense américaine, les Européens obtiennent moins d’un dixième de  eurs capacités militaires.

Sur la poursuite de la guerre en Ukraine

A la question de savoir pourquoi l’Europe devrait poursuivre son soutien militaire à l’Ukraine, même si le conflit est gelé, je me réfère à l’avis de deux militaires particulièrement bien informés : le général Cavoli, commandant des forces américaines en Europe et commandant allié suprême de l’OTAN,[5] ainsi que le général belge Dutron, chef du Service général du Renseignement et de la Sécurité.[6] Celui-ci a rappelé que Trump a contraint Zelensky à faire des concessions en échange d’un soutien militaire et qu’une fois victorieux en Ukraine, Poutine se concentrera probablement d’abord sur la Transnistrie, la Moldavie et peut-être la Biélorussie, puis il tentera de couper les États baltes de l’Europe. Dutron constate que les cyberattaques sont devenues monnaie courante dans notre pays et estime que nous devons rattraper notre retard en matière de protection de nos infrastructures critiques.

Le général Cavoli a déclaré le 8 avril à la Chambre des représentants américaine qu’il recommandait de maintenir les effectifs militaires américains en Europe, portés de 80.000 à 100.000 soldats par le président Biden en réponse à l’attaque russe du 24 février 2022, alors que le Pentagone envisagerait de réduire leur nombre.

Selon Cavoli, l’agression russe rend notre avenir incertain et menace les intérêts vitaux des Occidentaux. Il estime que les positions défensives ukrainiennes sont très solides, qu’il est très peu probable qu’elles s’effondrent, mais qu’une offensive libératrice ne semble plus envisageable, même si, ayant perdu plus de 4.000 chars, les Russes manquent de blindés et de soldats. Pourtant, la plupart des recrues viennent des régions les plus pauvres de Russie et ceux qui se portent volontaires reçoivent jusqu’à six fois leur salaire annuel.

Les deux camps ont développé selon Cavoli des capacités de frappes à longue portée, au moyen de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones. En 2015, l’armée ukrainienne pâtissait de 30 années de sous-investissement. Elle a néanmoins arrêté les Russes. Il en fut de même lors de l’offensive massive de 2022. L’industrie locale produit à présent une grande part des munitions nécessaire à l’Ukraine, elle est au premier rang mondial pour les drones d’attaque. Les Russes ont un niveau de compétence très élevé dans certains domaines techniques. Les F-16 sont efficaces tant pour la défense contre les missiles de croisière que pour le bombardement. Les Ukrainiens ont rapidement maîtrisé l’emploi des systèmes Patriot, qui sont essentiels pour contrer les missiles balistiques et les missiles de croisière. L’appui américain reste essentiel pour le renseignement et la capacité à frapper les postes de commandement, la logistique, etc.

Fédérer l’Europe

Il est urgent d’agir. En 3 ans de guerre, Poutine nous a menacés 130 fois d’attaque nucléaire. Il n’a plus aucun respect du droit international. Or, le premier de ces droits, c’est l’intégrité des frontières. Le populisme séduit une part croissante des Américains. La polarisation de la société américaine pourrait produire un successeur pire que Trump.

Heureusement, les coalitions de volontaires peuvent s’avérer efficaces. Les Américains ayant délaissé la présidence du Groupe de contact de défense de l’Ukraine, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont réuni 51 nations le 11 avril 2025 au siège de l’OTAN. De nouveaux programmes d’aide militaire à Kiev, d’une valeur totale de plus de 21 milliards € ont été approuvés et Washington n’a pas contribué. L’Allemagne donne plus de la moitié du total, soit des systèmes de défense aérienne IRIS-T et les missiles associés, des missiles antiaériens Patriot, des véhicules de combat d’infanterie Marder, des chars de combat Léopard, des obusiers et des munitions, ainsi que de la formation. Le Royaume-Uni et la Norvège vont livrer des drones FPV à vision subjective,[7] des drones armés, des systèmes radar, des armes et des mines antichars pour un demi-milliard €. Les drones FPV et armés sont responsables de 60 à 70 % des dommages causés aux équipements russes. Le ministre allemand de la Défense Pistorius a déclaré après la réunion que « La Russie doit comprendre que l’Ukraine est capable de continuer à se battre et que nous la soutiendrons ».[8]

Pour dissuader et réduire l’énorme gaspillage actuel de ressources financières et humaines, l’Europe a besoin de lafédération annoncée le 9 mai 1950 par Robert Schuman. Comme pour l’espace Schengen ou l’euro, une petite coalition depetits États volontaires devrait se rassembler puis s’étendre. Ces États prendraient d’emblée en considération les petites etmoyennes entreprises. Une Europe fédérale est auss le seul moyen de sortir notre base industrielle et technologique de défense de sa situation précaire. Malgré la création de l’Agence européenne de défense en 2004 et l’augmentation récentedes dépenses de défense, le marché européen de l’armement n’est pas assez important pour permettre à notre industrie derépondre à nos besoins en équipements. Une grande partie de ceux-ci est donc acquise aux Etats-Unis d’Amérique, en Corée du Sud ou en Turquie, ce qui réduit le PIB et l’emploi en Europe.


[1] Voir David Roche, ” US Trade and Trump’s Tariffs – Disruption or Design? ” in RUSI, https://www.rusi.org/explore-our-research/publications/commentary/us-trade-and-trumps-tariffs-disruption-or-design, 7/4/2025.

[2] Voir sn, « Telecombedrijven: ‘Aanvallen op onderzeese kabels bedreigen wereldwijd internet’ » in De Morgen, Live Oekraine, 10/4/2025.

[3] Voir sn, “Uitgelekt document: VS zouden Europa beperkt steun bieden bij Russische aanval” in De Morgen, Live Oekraine, 2/4/2025.

[4] Voir Emmanuel Berretta, « Nous avons les trois puissances nucléaires de l’Otan présentes en Estonie ! » in Le Pointhttps://www.lepoint.fr/monde/nous-avons-les-trois-puissances-nucleaires-de-l-otan-presentes-en-estonie-01-04-2025-2586282_24.php, 1/4/2025.

[5] Voir Nikki Wentling, “Top general recommends US maintain current troop levels in Europe” in Military Timeshttps://www.militarytimes.com/news/your-military/2025/04/08/top-general-recommends-us-maintain-current-troop-levels-in-europe/?utm_source=sailthru&utm_medium=email&utm_campaign=air-dnr, 8/4/2025.

[6] Voir Jeroen Van Horenbeek, “Stéphane Dutron, hoofd van de militaire geheime dienst: ‘De VS zijn een van de grote winnaars van de oorlog’” in De Morgen, https://www.demorgen.be/oorlog-in-oekraine/stephane-dutron-hoofd-van-de-militaire-geheime-dienst-de-vs-zijn-een-van-de-grote-winnaars-van-de-oorlog~ba4b56ed/, 4/4/2025.

[7] La caméra de bord permet au pilote équipé de lunettes immersives de voir comme s’il était dans l’appareil. FPV signifie First Person View.

[8] Voir Tim Martin, “Ukraine Defense Contact Group pledges ‘record’ $23 billion-plus military aid boost” in Breaking Defense, https://breakingdefense.com/2025/04/ukraine-defense-contact-group-pledges-record-23-billion-plus-military-aid-boost/?utm_medium=email&_hsenc=p2ANqtz–NCYacDiMeXaor-eoR5qtHMk_mqURLp5FCoBfUiTfzWvyGWgZCV8PeTAepb4xd462EaCi8rRYkaI0vViyFlR3A3MiA9Q&_hsmi=356391674&utm_content=356391674&utm_source=hs_email, 11/4/2025.


Mädchen

Rückführung 5 (1)

Beitragsfoto: Mädchen | © Foto von Andrea Piacquadio auf Pexels

Auch das Thema Rückführung wird immer sehr gerne genommen, um möglichst populistisch Klientelpolitik betreiben zu können. Und wer glaubt, dass dies nur Parteien an den beiden extremen Ränder unseres Parteienspektrums machen, der irrt sich ganz gewaltig. Gerade unsere sogenannten Volksparteien sorgen mit diesem Thema für Begeisterungsstürme bei ihren jeweiligen Parteivölkern. Und gerade deswegen wird es auch nie zu einer für alle tragbaren Lösung kommen.

Bei der Rückführung, die gerne auch als Abschiebung oder Rückschiebung bezeichnet wird, handelt es sich um eine Ausweisung von illegalen Einwanderern oder abgelehnten Asylbewerbern.

Die Mitgliedstaaten der Europäischen Union haben unterschiedliche Rückführungsabkommen zu Drittländern. Deutschland hat z. B. Rückführungsabkommen mit Marokko und Algerien oder einigen Balkanländern und erstaunlicherweise auch mit Spanien und Griechenland. Von einem dahinter stehenden Konzept kann man dabei allerdings nicht sprechen, hier werden Abkommen nach Lust und Laune von zufällig gerade einmal verantwortlichen Politikern abgeschlossen, wobei die kurzfristigen Stimmungsschwankungen der eigenen Klientel die Hauptursache sein dürften.

Einige bilaterale Rückführungsabkommen innerhalb der EU fielen durch das Schengener Abkommen und die Regelungen nach der Dublin-Verordnung weg, was vermutlich wiederum zu den Abkommen Deutschlands mit Spanien und Griechenland führte — das ist richtig spannend, denn damit bedient der dafür verantwortliche Politiker gleich beide Flügel seiner Partei, jene, die Schengen und Dublin begrüßen und jene, die dann die Abkommen mit den Mittelmeeranrainern feiern. Berufspolitik von seiner besten Seite: ein Schritt nach links, ein Schritt nach rechts und sich dann die kommenden Jahre für den dabei erzielen Fortschritt feiern lassen!

Und auch die EU hat Rückführungsabkommen, die dort aber Rückübernahmeabkommen heißen, dies klingt einfach viel besser. Diese wurden u. a. mit der Russischen Föderation und der Türkei abgeschlossen und wir alle können uns sehr leicht vorstellen, was diese Abkommen tatsächlich wert sind.

Und damit komme ich auf den eigentlichen Punkt, denn es sind zum aller größten Teil nicht fehlende Gesetze, Abkommen oder Abmachungen, die uns allen die Probleme bereiten, sondern es sind immer die Menschen, die diese Abkommen mit Leben füllen oder gar umsetzen müssen. Ich spreche dabei nicht von der jahrzehntelangen Unfähigkeit unserer Politik, ein tragfähiges Gesamtkonzept zu entwickeln oder gar die Ursachen für diese Problematik in Angriff zu nehmen, sondern von der mehr als dilettantischen Umsetzung der bereits und teilweise seit Jahrzehnten bestehenden Abkommen.

Und dies hat bei uns System!

Als Soldat musste ich in den 1990er-Jahren die Abschiebepraktiken, vor allem die der bayerischen Landesregierung auf dem Balkan miterleben. Dort wurden gerade jene abgeschoben, denen man am leichtesten habhaft werden konnte und die sich nicht wehren konnten oder wollten. Ich musste u. a. miterleben, wie dabei ganze Familienexistenzen zerstört wurden — einfach nur für den schnellen Ruhm einzelner Politiker oder wegen faschistoider Gewaltvorstellungen doch so einiger Staatsdiener.

Und auch heute führt die Frage, wer denn eigentlich bei uns abgeschoben wird, immer wieder zu Empörung und Kopfschütteln in der gesamten Bürgerschaft. Auch ich bin der festen Überzeugung, dass Kriminelle, die kein staatsbürgerliches Anrecht auf Verbleib bei uns haben, besser gestern als heute in ihre Ursprungsländer oder gerne auch in Transitländer abgeschoben werden müssen.

Für alle jene, die sich bei uns produktiv zum Wohle der Gesamtgesellschaft einbringen wollen und können, sehe ich das anders, hier sollte man wirklich alles unternehmen, dass diese Menschen sich so schnell wie möglich bei uns integrieren können. Leider aber schieben unsere „Staatsdiener“ Arbeits- und Leistungswillige einfacher und viel bequemer ab als Kriminelle; die dahinter stehenden Schicksale sind diesen Mitbürgern völlig egal.

Zudem und das muss man wohl so sehen, gibt es auch hier bereits einen eigenen Wirtschaftszweig, der sich gerade um den möglichst langen Verbleib von Menschen, die hier überhaupt nichts zu suchen haben, kümmern und damit die Grundsätze unseres Rechtssystems mit Füßen treten — einzig und alleine wegen des eigenen Vorteils.

Und so werden wir auch zukünftig miterleben, wie nette und produktive Menschen abgeschoben werden und dafür kriminelle Wiederholungstäter so lange bei uns bleiben dürfen, bis sie aufgrund ihres hohen Alters automatisch Bleiberecht erhalten.

Aber so können wir uns auch immer wieder an der einen oder anderen Geschichte erfreuen, die wohl jedem von uns so zu Ohren kommen. Gerade vor Kurzem hat mir ein guter Bekannter von einem Mitarbeiter berichtet, der sehr fleißig und ordentlich bei ihm als Hilfsarbeiter tätig war. Und so war mein guter Bekannter nicht sehr erfreut, als dieser Mitarbeiter sich bei ihm abmeldete, weil er mit einer für ihn lukrativen Rückkehrhilfe des Bundesamtes für Migration und Flüchtlinge ausgestattet, in seine Heimat zurückkehrte.

Hocherfreut war mein guter Bekannter, als nach all den Feiertagen der besagte Mitarbeiter wieder bei ihm auf dem Hof stand — gerade zur rechten Zeit, da die Geschäfte gerade gut laufen — und um Einstellung bat. Eine Nachfrage ergab, dass er jetzt nur anders heißt. Unmöglich? Ich glaube kaum, denn auch bei uns sind Namensänderungen inzwischen ohne Weiteres möglich.

Ich habe diese nette Geschichte nicht überprüft, möchte diese aber zum Anlass nehmen und fragen, wer bei dieser Sache etwas falsch gemacht hat; dies ist selbstverständlich nur eine rhetorische Frage, die ich sehr gerne selber beantworte.

Als erstes unsere Politik, die kaum noch in der Lage und willens ist, verständliche, tragbare und vor allem auch wirksame Gesetze zu erlassen und als zweites ein Verwaltungsapparat, dem immer öfters die fachliche und soziale Kompetenz fehlt, um Gesetze, Abmachungen, Regeln oder Vorschriften um- und durchzusetzen.

„Sollte ich den Moment meines Todes bewusst miterleben, werde ich an die Deportation denken. Sie hat mein Leben bestimmt.“

Simone Weil, Interview im Tagesspiegel (22. März 2009) 

Beitragsfoto: Affenmusik | © Pixabay

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Beitragsfoto: Affenmusik | © Pixabay

Keeping Mum

Keeping Mum ist ein britischer Film aus dem Jahr 2005. Ca. 100 kurzweilige Minuten, um einmal auf ganz andere Gedanken zu kommen. Auch wenn die Kritiker den Film nicht so gut wegkommen lassen, hatten wir unseren Spaß damit — was mir ausreicht, um auf diesen Film hinzuweisen. Weitere Filmhinweise gibt es übrigens hier.

Europaplatz

Europaplatz, das ist in Heilbronn ein sehr gerne vernachlässigter Verkehrskreisel mit einem einzigen Straßenschild. Ein paar Heilbronner bleiben aber weiterhin darum bemüht, dass dort wenigstens zu Europatagen oder gar an Feiertagen eine Europaflagge gehisst wird.

Wahlen

Am 26. September 2021 finden in Deutschland Bundestagswahlen statt und bereits im April 2022 soll in Frankreich der kommende Präsident gewählt werden. Deshalb muss man sich auch nicht wundern, wenn schon jetzt vermeintlich glühende Verehrer einer europäischen Einigung damit beginnen, mit Nationalismen und entsprechenden Vorschlägen um sich zu werfen. Auch Michel Barnier läuft sich schon warm und tritt jetzt für einen Einwanderungsstopp sowie eine Verstärkung der Schengen-Grenzen ein — man könnte fast glauben, dass er sich gegen Marine Le Pen selbst Chancen einräumt.

Wir erinnern uns: der derzeitige Präsident Emmanuel Macron wurde zwar aufgrund einer temporären Europabegeisterung der Franzosen gewählt, aber seine europäischen Ideen und die französische Europabegeisterung wurde unseren Nachbarn sehr schnell wieder im Zuge der deutschen Bundestagswahl 2017 ausgetrieben.

Bis heute bestimmen leere Versprechungen die Europapolitik, und was die eine Hand in Richtung eines europäischen Bundesstaates unternimmt, wird durch die andere rückgängig gemacht. Auch werden bereits anfangs erzielte Erfolge langsam aber sicher renationalisiert, wobei auch sämtliche Gründe für ein gemeinsames Europa völlig außer Acht gelassen werden.