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Paix de Trump 3.6 (7)

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Jean Marsia | AGEFI Luxembourg

Le « Jour de la Libération » et la « paix de Trump » (April 2025: 18; Artikel wird hier von mir zur Verfügung gestellt)

Jean Marsia nimmt seit Jahren aktiv an den Hertensteiner Gesprächen teil. Seine Beiträge in der AGEFI Luxembourg befinden sich hinter einer Bezahlschranke.


Le « Jour de la Libération » et la « paix de Trump »

Par Jean MARSIA, président de la Société européenne de défense AISBL (S€D)

Le « Jour de la Libération », celui où Trump a annoncé une hausse arbitraire des droits de douane, a été présenté par son administration comme une tentative de réindustrialiser les États-Unis d’Amérique et de résorber leurs déficits, budgétaire et commercial. Il me semble qu’en réalité, Trump a tenté de mettre fin à la mondialisation en portant en moyenne à 25 % les droits de douane, ce qui n’était plus arrivé depuis la mise en place de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce en 1947, auquel a succédé l’Organisation mondiale du commerce en 1995. La fin de la mondialisation devrait avoir l’effet inverse de son instauration, rendue possible par la fin de l’URSS et la libéralisation de l’économie chinoise. Des centaines de millions d’êtres humains ont vécu dans un bien-être matériel plus grand, après, il est vrai, une décennie de récession pour les Russes.

C’est pourquoi, en moins d’une semaine, Trump a subi la pression des bond vigilantes, les placeurs qui protestent contre des politiques, dans le cas présent fiscales, jugées inflationnistes. En vendant massivement des obligations, ils font baisser leur prix et augmenter le taux d’intérêt. En conséquence, Trump a ramené la hausse des droits de douane à 17 % en moyenne, mais son « Jour de la Libération » aura des effets durables, tant sur le plan économique que géopolitique.

Certes, la baisse du cours du dollar, qui valait 0,96 € en janvier et 0,87 € début avril, facilitera les exportations américaines, mais seuls quelques secteurs économiques stratégiques vont être relocalisés aux États-Unis d’Amérique : dans une économie développée comme la leur, la part dans le PIB de l’agriculture, puis de l’industrie manufacturière se réduit au profit des services, car il est moins coûteux de produire les biens ailleurs dans le monde, en diversifiant de préférence les sources pour garantir la sécurité de l’approvisionnement. Les droits de douane ne changeront pas grand’chose au déficit commercial américain.

Les droits de douane ne combleront pas le déficit budgétaire américain, au contraire. Ils vont provoquer une baisse des importations, une hausse de l’inflation et une récession économique. Le déficit budgétaire américain pourrait passer de 6 à 7, voire 8 % du PIB, alors que la dette publique atteint 124 % du PIB. La dette extérieure publique et privée ou position extérieure nette américaine est, elle, de 90 % du PIB. C’est le pourcentage le plus élevé au monde. En cas de récession, cette dette deviendrait vite insoutenable. C’est pourquoi la Chine et le Japon ont commencé à vendre les bons du Trésor américain qu’ils détiennent. Les Européens pourraient les suivre. Le dollar américain cesserait d’être la monnaie de réserve mondiale.

Les droits de douane n’inciteront pas les Américains à épargner plus, car l’inflation réduira leur pouvoir d’achat. Ils ne seront pas capables de racheter les bons du Trésor, dont la valeur va s’effondrer.[1]

L’Union européenne (UE) a envoyé son commissaire au Commerce extérieur négocier à Washington avant de prendre des mesures de rétorsion. Déjà les touristes sont moins nombreux aux États-Unis d’Amérique. Les financiers pourraient suivre le mouvement. Les cours des actions ont chuté en bourse puis ont rebondi, mais pas jusqu’au niveau précédent. Le boycott des produits américains s’amplifie dans le monde.

Sur le plan géopolitique, Trump et son administration ont montré un profond mépris pour les alliés de longue date des États-Unis d’Amérique, en Europe comme dans la zone indopacifique, mais c’est envers l’Ukraine que les bornes ont été dépassées, en l’accusant d’être le fauteur de guerre, alors que nous avons tous vu les images satellites des colonnes de chars russes se dirigeant vers Kiev en février 2022.

Cette situation suscite de nombreux questionnements en Europe et plus encore en Ukraine.

Voici mes réponses à quatre des questions qui m’ont été posées.

Sur les perspectives de paix

Pendant la campagne présidentielle, Trump promettait de mettre fin à la guerre en Ukraine en 24 heures, or la « paix de Trump en Ukraine » n’est toujours pas réalisée, près de trois mois après sa seconde investiture. C’est pourquoi il a menacé la Russie de nouvelles sanctions si elle ne consentait pas à la paix. La fanfaronnade de Trump a fait long feu. Les négociations qui ont cours en Arabie saoudite n’ont jusqu’à présent produit qu’un cessez-le-feu limité aux infrastructures énergétiques, qui a été immédiatement violé. Poutine a posé des conditions inacceptables à un cessez-le-feu en mer Noire. Il n’accepte pas de limiter son impérialisme et ne fait aucune concession. Il veut atteindre tous les objectifs assignés à l’opération spéciale, notamment la cession des oblasts de Louhansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson, qu’il n’occupe qu’en partie, la mise en place d’un régime fantoche à Kiev, le désarmement de l’Ukraine qui deviendrait un territoire neutre et la fin de la coopération militaire entre l’OTAN et l’Ukraine. Zelensky s’est montré conciliant quant au cessez-le feu, mais pas quant à la cession de ressources minières aux Américains sans garanties de sécurité.

Le 11 avril, M. Witkoff, l’émissaire de Trump a rencontré Poutine en Russie pour la troisième fois et pendant quatre heures trente. Il s’est aussi entretenu avec le négociateur russe sur les questions économiques, M. Dmitriev, qui fut début avril le premier haut responsable russe accueilli à Washington depuis le 24 février 2022. Trump veut rétablir les relations bilatérales avec la Russie pour l’éloigner de la Chine, qu’il considère comme la principale menace pour la suprématie américaine. Il me semble improbable que Trump puisse rééditer le coup d’éclat de Nixon et Kissinger, qui avaient réussi à éloigner la Chine de l’URSS pour mettre fin à la guerre en Indochine, car les rapports de force ont beaucoup changé. De plus, Mao et Khrouchtchev ne s’entendaient pas, alors que Xi soutient manifestement Poutine. Le 8 avril, l’armée ukrainienne a capturé deux soldats chinois. En réagissant à cette annonce, la porte-parole du département d’État américain a rappelé que la Chine fournit près de 80 % des articles à double usage dont la Russie a besoin pour soutenir la guerre. Comme Trump et Vance se sont engagés lors de la campagne électorale à mettre fin à la guerre, ils vont céder beaucoup à Poutine pour ne pas perdre la face, probablement trop pour que ce soit acceptable pour l’Ukraine et pour l’Europe, car une victoire de Poutine ferait augmenter le risque d’agression, en Europe orientale notamment. La guerre hybride nous est faite par Poutine sans discontinuer depuis 2007. Depuis le début de 2024, 11 câbles ont été endommagés en Baltique, notamment par des navires laissant traîner leur ancre sur le fond marin.[2]

Le nouveau paysage géopolitique vu de Washington risque donc d’être une Amérique isolée, sans plus guère d’alliés, faisant face à un bloc composé de la Chine, de la Russie, de l’Iran et de la Corée du Nord, pour ne citer que les partenaires les plus évidents, car les routes de la soie ont doté la Chine d’un réseau mondial.

Sur l’avenir de l’OTAN

Bien que l’Europe reste leur principal partenaire commercial et le premier investisseur aux États-Unis d’Amérique, selon l’Interim National Defense Strategic Guidance du secrétaire à la Défense Hegseth divulguées par le Washington Post, les États-Unis d’Amérique n’apporteraient probablement à l’Europe qu’une aide limitée à la dissuasion nucléaire en cas d’attaque russe, car ils veulent concentrer leurs forces sur un éventuel conflit avec la Chine à Taïwan.[3]

Dans ces conditions, peut-être l’Otan pourrait-elle devenir une ébauche d’union de défense européenne, avec le Royaume-Uni et la Turquie, qui ont participé à un récent sommet de l’UE à Paris. Le personnel politique et diplomatique européen semble en effet suffisamment déboussolé pour s’engager à nouveau dans la voie d’une défense « européenne » intergouvernementale, sans avoir mis préalablement en place une union politique fédérale de l’Europe. Ce serait emprunter le chemin sans issue qui le fut à maintes reprises depuis 1951.

L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie a poussé les pays européens à augmenter considérablement leurs budgets de défense, mais les lacunes à combler en matière de capacités restent très importantes. La passation de marchés et le développement des capacités demeurent fragmentés. L’industrie européenne de la défense est sous-dimensionnée et organisée en fonction des États. L’UE dispose d’outils limités pour aider à développer la production de défense, encourager la recherche et le développement communs et promouvoir la passation conjointe de marchés, mais le financement actuel ne conduit pas à des changements majeurs.

Parce qu’elle n’est qu’une association d’États, l’UE n’est pas en mesure d’assurenotre sécurité et notre défense : lesÉtats ont le monopole de l’usage légitime de la force. D’un point de vue militaire, pour une défense efficace, crédible et donc dissuasive de l’Europe, il faut définir une chaîne de commandement, européenne, unique, légitime et donc émanant d’un pouvoir politique démocratiquement élu au niveau européen.

Les rapports Letta, Draghi et Niinistö qui vont dans ce sens sont déjà archivés et l’Europe se remet à rêver. Un exemple : M. Lembit Uibo, l’ambassadeur d’Estonie en France estime que son pays est protégé, car a-t-il dit : « Nous avons les trois puissances nucléaires de l’Otan présentes en Estonie ! ».[4] L’ambassadeur a tort : la dissuasion, ce n’est pas seulementdéployer des capacités militaires, même des moyens de destruction massive, c’est surtout persuader l’adversaire qu’on estprêt à les utiliser. Il devrait plutôt se demander dans quel délai les trois puissances nucléaires de l’Otan quitteraient l’Estonie si Poutine et Trump échangeaient la prise du Groenland contre celle de l’Estonie.

Il est devenu déraisonnable de s’appuyer sur l’OTAN, c’est-à-dire sur les États-Unis d’Amérique. L’Europe ne peut pas non plus compter sur la France : es présidents Chirac et Macron ont voulu ouvrir le parapluie nucléaire français pourcouvrir l’Europe, mais Poutine a cru et croit toujours que la France ne va pas risquer la destruction de Lyon, Bordeaux ou Lille pour protéger Tallinn, Riga ou Vilnius. Son raisonnement s’applique aussi à la Grande-Bretagne.

L’Otan sans les Américains, c’est un peu de capacités militaires, et beaucoup de lacunes. Rien que nos services de renseignement dépendent des satellites, des serveurs et des ordinateurs de haute technologie made in USA. Pour combler les lacunes, il faudra du temps et de nouveaux moyens.

Le plan Rearm Europe d’Ursula von der Leyen permettrait de contourner les critères de convergence budgétaire européens pour permettre aux États membres d’emprunter jusqu’à 650 milliards €. Elle propose en outre que l’UE emprunte 150 milliards € pour les mettre à la disposition des États, mais ce n’est encore qu’un concept qui n’est pas prêt de se transformer en manne financière. Nous savons que les 750 milliards € du plan Next Generation EU mis en place après le Covid ont permis de satisfaire 70 % des demandes, mais seulement à hauteur de 213 milliards €, tant les procédures sont lourdes. Le plan Rearm n’envisage pas de procéder comme pour les vaccins, qu’une autorité européenne avait achetés pour tous les États. Ceux-ci garderaient la maîtrise de la passation des marchés publics. En décembre 2024, le commissaire européen Kubilius avait pointés les inconvénients de ce système : il est très lent, très incrémental, génère des économies d’échelle limitées et ne donne pas à l’industrie les moyens d’accroître et d’accélérer sa production.

Sur le budget de l’UE

Le sixième cadre financier pluriannuel adopté pour la période 2021-2027 doit manifestement être ajusté à cause de la guerre en Ukraine, mais les réunions déjà nombreuses des dirigeants européens depuis l’investiture de Trump le 20janvier ont surtout mis en évidence l’absence d’unanimité au sein de l’UE. Le nouveau budget, s’il est voté, devrait comporter d’une part des fonds qui compenseront en partie la diminution probable de l’aide américaine à l’Ukraine, mais on sait que la Hongrie opposera son veto ; d’autre part, une enveloppe permettant de combler nos lacunes capacitaires, mais la France ne veut pas, contre l’avis majoritaire, que l’argent européen serve à acheter du matériel américain.

L’OTAN a échoué depuis 75 ans à rendre plus efficientes les dépenses de défense européennes. Depuis 1992 et le traité de Maastricht, l’UE n’a pas su faire mieux. L’effort de défense européen s’élève à plus de 400 milliards € par an, qui serventprincipalement à payer près d’un million et demi de soldats, dont moins de 50.000 sont réellement opérationnels. La nouvelle doctrine de l’OTAN prévoit qu’en cas d’attaque, les pays européens doivent mobiliser 300.000 soldats dans un délai d’un mois et 500.000 dans un délai de six mois, sans préciser comment faire. En dépensant la moitié du budget de ladéfense américaine, les Européens obtiennent moins d’un dixième de  eurs capacités militaires.

Sur la poursuite de la guerre en Ukraine

A la question de savoir pourquoi l’Europe devrait poursuivre son soutien militaire à l’Ukraine, même si le conflit est gelé, je me réfère à l’avis de deux militaires particulièrement bien informés : le général Cavoli, commandant des forces américaines en Europe et commandant allié suprême de l’OTAN,[5] ainsi que le général belge Dutron, chef du Service général du Renseignement et de la Sécurité.[6] Celui-ci a rappelé que Trump a contraint Zelensky à faire des concessions en échange d’un soutien militaire et qu’une fois victorieux en Ukraine, Poutine se concentrera probablement d’abord sur la Transnistrie, la Moldavie et peut-être la Biélorussie, puis il tentera de couper les États baltes de l’Europe. Dutron constate que les cyberattaques sont devenues monnaie courante dans notre pays et estime que nous devons rattraper notre retard en matière de protection de nos infrastructures critiques.

Le général Cavoli a déclaré le 8 avril à la Chambre des représentants américaine qu’il recommandait de maintenir les effectifs militaires américains en Europe, portés de 80.000 à 100.000 soldats par le président Biden en réponse à l’attaque russe du 24 février 2022, alors que le Pentagone envisagerait de réduire leur nombre.

Selon Cavoli, l’agression russe rend notre avenir incertain et menace les intérêts vitaux des Occidentaux. Il estime que les positions défensives ukrainiennes sont très solides, qu’il est très peu probable qu’elles s’effondrent, mais qu’une offensive libératrice ne semble plus envisageable, même si, ayant perdu plus de 4.000 chars, les Russes manquent de blindés et de soldats. Pourtant, la plupart des recrues viennent des régions les plus pauvres de Russie et ceux qui se portent volontaires reçoivent jusqu’à six fois leur salaire annuel.

Les deux camps ont développé selon Cavoli des capacités de frappes à longue portée, au moyen de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones. En 2015, l’armée ukrainienne pâtissait de 30 années de sous-investissement. Elle a néanmoins arrêté les Russes. Il en fut de même lors de l’offensive massive de 2022. L’industrie locale produit à présent une grande part des munitions nécessaire à l’Ukraine, elle est au premier rang mondial pour les drones d’attaque. Les Russes ont un niveau de compétence très élevé dans certains domaines techniques. Les F-16 sont efficaces tant pour la défense contre les missiles de croisière que pour le bombardement. Les Ukrainiens ont rapidement maîtrisé l’emploi des systèmes Patriot, qui sont essentiels pour contrer les missiles balistiques et les missiles de croisière. L’appui américain reste essentiel pour le renseignement et la capacité à frapper les postes de commandement, la logistique, etc.

Fédérer l’Europe

Il est urgent d’agir. En 3 ans de guerre, Poutine nous a menacés 130 fois d’attaque nucléaire. Il n’a plus aucun respect du droit international. Or, le premier de ces droits, c’est l’intégrité des frontières. Le populisme séduit une part croissante des Américains. La polarisation de la société américaine pourrait produire un successeur pire que Trump.

Heureusement, les coalitions de volontaires peuvent s’avérer efficaces. Les Américains ayant délaissé la présidence du Groupe de contact de défense de l’Ukraine, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont réuni 51 nations le 11 avril 2025 au siège de l’OTAN. De nouveaux programmes d’aide militaire à Kiev, d’une valeur totale de plus de 21 milliards € ont été approuvés et Washington n’a pas contribué. L’Allemagne donne plus de la moitié du total, soit des systèmes de défense aérienne IRIS-T et les missiles associés, des missiles antiaériens Patriot, des véhicules de combat d’infanterie Marder, des chars de combat Léopard, des obusiers et des munitions, ainsi que de la formation. Le Royaume-Uni et la Norvège vont livrer des drones FPV à vision subjective,[7] des drones armés, des systèmes radar, des armes et des mines antichars pour un demi-milliard €. Les drones FPV et armés sont responsables de 60 à 70 % des dommages causés aux équipements russes. Le ministre allemand de la Défense Pistorius a déclaré après la réunion que « La Russie doit comprendre que l’Ukraine est capable de continuer à se battre et que nous la soutiendrons ».[8]

Pour dissuader et réduire l’énorme gaspillage actuel de ressources financières et humaines, l’Europe a besoin de lafédération annoncée le 9 mai 1950 par Robert Schuman. Comme pour l’espace Schengen ou l’euro, une petite coalition depetits États volontaires devrait se rassembler puis s’étendre. Ces États prendraient d’emblée en considération les petites etmoyennes entreprises. Une Europe fédérale est auss le seul moyen de sortir notre base industrielle et technologique de défense de sa situation précaire. Malgré la création de l’Agence européenne de défense en 2004 et l’augmentation récentedes dépenses de défense, le marché européen de l’armement n’est pas assez important pour permettre à notre industrie derépondre à nos besoins en équipements. Une grande partie de ceux-ci est donc acquise aux Etats-Unis d’Amérique, en Corée du Sud ou en Turquie, ce qui réduit le PIB et l’emploi en Europe.


[1] Voir David Roche, ” US Trade and Trump’s Tariffs – Disruption or Design? ” in RUSI, https://www.rusi.org/explore-our-research/publications/commentary/us-trade-and-trumps-tariffs-disruption-or-design, 7/4/2025.

[2] Voir sn, « Telecombedrijven: ‘Aanvallen op onderzeese kabels bedreigen wereldwijd internet’ » in De Morgen, Live Oekraine, 10/4/2025.

[3] Voir sn, “Uitgelekt document: VS zouden Europa beperkt steun bieden bij Russische aanval” in De Morgen, Live Oekraine, 2/4/2025.

[4] Voir Emmanuel Berretta, « Nous avons les trois puissances nucléaires de l’Otan présentes en Estonie ! » in Le Point, https://www.lepoint.fr/monde/nous-avons-les-trois-puissances-nucleaires-de-l-otan-presentes-en-estonie-01-04-2025-2586282_24.php, 1/4/2025.

[5] Voir Nikki Wentling, “Top general recommends US maintain current troop levels in Europe” in Military Times, https://www.militarytimes.com/news/your-military/2025/04/08/top-general-recommends-us-maintain-current-troop-levels-in-europe/?utm_source=sailthru&utm_medium=email&utm_campaign=air-dnr, 8/4/2025.

[6] Voir Jeroen Van Horenbeek, “Stéphane Dutron, hoofd van de militaire geheime dienst: ‘De VS zijn een van de grote winnaars van de oorlog’” in De Morgen, https://www.demorgen.be/oorlog-in-oekraine/stephane-dutron-hoofd-van-de-militaire-geheime-dienst-de-vs-zijn-een-van-de-grote-winnaars-van-de-oorlog~ba4b56ed/, 4/4/2025.

[7] La caméra de bord permet au pilote équipé de lunettes immersives de voir comme s’il était dans l’appareil. FPV signifie First Person View.

[8] Voir Tim Martin, “Ukraine Defense Contact Group pledges ‘record’ $23 billion-plus military aid boost” in Breaking Defense, https://breakingdefense.com/2025/04/ukraine-defense-contact-group-pledges-record-23-billion-plus-military-aid-boost/?utm_medium=email&_hsenc=p2ANqtz–NCYacDiMeXaor-eoR5qtHMk_mqURLp5FCoBfUiTfzWvyGWgZCV8PeTAepb4xd462EaCi8rRYkaI0vViyFlR3A3MiA9Q&_hsmi=356391674&utm_content=356391674&utm_source=hs_email, 11/4/2025.


Konzert

Musikvideo der Woche 4.7 (6)

Beitragsfoto: Konzert | © Bild von Pexels auf Pixabay

The Doors waren schon mehr als einmal Thema hier im Blog und „The End“ (1967) habe ich ebenfalls schon einmal hier verlinkt. Aus gegebenem Anlass, nämlich dem Korrigieren von Seminararbeiten, hat es dieser Song nun zum Musikvideo der Woche geschafft. Detlef Stern hatte mich bereits vor ein paar Jahren davon überzeugt, dass das Korrigieren mit passender Musik einfach besser vonstatten geht.

„The End“ befindet sich auf der ersten LP „The Doors“ der Gruppe, zusammen mit u. a. „Light My Fire“ oder „Back Door Man“ (Cover eines Howlin’ Wolf Lieds aus 1960) .

https://youtu.be/mbj1RFaoyLk?si=ScPDY-oIAcF6SGWN

Die Gruppe um Jim Morrison hatte sich bereits 1965 am Strand von Venice Beach gegründet. 1973 war auch schon wieder Schluss, was sicherlich mit dem Tod ihres Mitgründers und Sängers zu tun hat. Neben Morrison bestand die Gruppe aus Ray Manzarek, Robby Krieger und John Densmore.

Erwähnenswert auch noch das sechste Album „L. A. Woman“ (1971) u. a. mit den beiden Songs „L. A. Woman“ und „Riders on the Storm“. Nach dem Einspielen dieser Platte begab sich Jim Morrison nach Paris, wo er kurz darauf verstarb.

https://youtu.be/TMiAQPABgHA?si=UjI8FjCqpHOjV04x

Während ich „The Doors“ hoch und runter höre, befülle ich eine Excel-Tabelle mit den ersten Ergebnissen der ausgewerteten Seminararbeiten und Präsentationen.

„People talk about how great love is, but that’s all bullshit. Love hurts. Feelings are disturbing. People are taught that pain is evil and dangerous. How can they deal with love if they’re afraid to feel? …
It’s strange that people fear death, the pain is over. Yeah, I guess it is a friend.“

 Jim Morrison, Ten Years Gone (1981)

Kino

Hoffmanns Erzählungen 5 (5)

Beitragsfoto: Kino

Das Kino war schon immer ein guter Ort, um dem Alltag zu entfliehen. Und wenn man dabei eher für sich alleine sein möchte, guckt man sich künstlerisch etwas wertvollere Filme an — zumindest in Heilbronn klappt das ganz gut.

Der gestrige Anlass war der Start der diesjährigen „The Met: Live in HD“ Saison, was inzwischen zu einem regelrechten Familienereignis wurde. Kontinenteübergreifend sitzt man in einem Kino und manche dabei vielleicht sogar in der Metropolitan Opera selbst und schaut annähernd zeitgleich dasselbe Stück. Und nach der Oper endet für manche dann der Tag während wiederum andere erst in denselben starten; schöner kann die Welt kaum beieinandersitzen!

Als Start in die diesjährige Saison haben die Verantwortlichen die „Les Contes D’Hoffman“ gewählt, eine Oper von Jacques Offenbach. Die von Offenbach 1851 erstmals in Paris aufgeführte Oper basiert auf verschiedenen Erzählungen E. T. A. Hoffmanns, wobei ich es für die Oper als wichtig erachte, dass Hoffmann für seine „Gespenstergeschichten“ berühmt wurde.

„Les Contes D’Hoffman“ zählt fast zu den großen Opern, so äußerte sich gestern Marco Armiliato, der Dirigent dieser Aufführung. Übrigens, diese Aufführung war sein 500. Stück, das er an der Met dirigiert hat; damit dürfte seine Meinung durchaus Gewicht haben. Mich hätte es dabei sehr interessiert, ob es auch seine Lieblingsfassung der Oper gewesen ist und wie viel er bei dieser Zusammenstellung zu sagen hatte. Dass die Oper tatsächlich mit zu den berühmteren gehört, wird dadurch unterstrichen, dass selbst ich zwei oder drei Arien mitsummen konnte. Zumindest aber zählt diese Oper unter die dreißig am häufigsten aufgeführten, was durchaus Rückschlüsse auf deren Beliebtheit beim Publikum zulässt.

Da es von der Oper unterschiedliche Bearbeitungen und Fassungen gibt, versprach ich mir von der Met-Aufführung entweder eine bearbeitete Urfassung zu erleben oder mit einer von der Fachwelt als mustergültig akzeptierten Bearbeitung konfrontiert zu werden. Leider weiß ich bis dato noch nicht, welche ich gestern gesehen habe; auch bei den Erklärungen, die die Met Live in HD-Aufführungen begleiten, wurde ich nicht fündig.

Und so versuche ich mich an einer eigenen Rezension. Hauptunterschied bei den Aufführungen dürfte die Frage sein, ob sie in drei Akten, dann aber mit Prolog und Epilog oder in fünf Akten aufgeführt wird. Die Met hat sich für ersteres entschieden. Dann die Frage in welcher Reihenfolge die drei Lieben Hoffmanns auftreten, hier entschied man sich zwar für den Mainstream, wählte aber für jede der drei Lieben eine eigene Sängerin: Erin Morely gab die Olympia — für mich die beste Sängerin des Abends. Pretty Yende spielte die Antonia und ganz folgerichtig auch noch die Stella. Clémentine Margaine gab die Giuletta und dürfte zumindest meines Erachtens die schlechteste dieser drei Sängerinnen gewesen sein. Da wohl heutzutage eine einzige Sängerin mit diesen drei Rollen zu stark beansprucht würde, hatte ich volles Verständnis für dieses Arrangement; hatte insgeheim aber gehofft, dass die Met Pretty Yende auch als Antonias Mutter auftreten lässt — was die Techniker sicherlich hinbekommen hätten.

Wiederum ganz selbstverständlich spielte Christian Van Horn alle vier Bösewichte, was er sehr gut kann und gemäß der eigenen Aussage auch liebend gerne gibt. Ich durfte Christian Van Horn bereits 2022 in Lucia di Lammermoor erleben und höre ihn seither sehr gerne. Auch dieses Mal hat er nicht enttäuscht.

Der eigentliche Bösewicht des Stücks ist aber Hoffmanns Muse, die ihm auch als sein Freund Nicklausse ganz übel mitspielt. Diese Rolle wurde wohl rein zufällig mit einer russischen Sängerin Vasilisa Berzhanskaya besetzt — die Anna Netrebko ist derzeit bekanntlich als Truppenbetreuerin unterwegs. Gesanglich war Vasilisa Berzhanskaya aber eine Freude, auch wenn sie mir mein Lieblingslied des Stücks, welches sie zusammen mit Clémentine Margaine sang, voll und ganz verdarb.

Benjamin Bernheim, welcher den E. T. A. Hoffmann gab, dürfte neben Erin Morely der beste Sänger des Abends gewesen sein.

Zum Schluss des Stücks brachte Barlett Sher, die die Oper inszenierte, den Chor nochmals in den Vordergrund, was zwar für das Publikum ein sehr guter Schluss ist aber E. T. A. Hoffmann nicht gerecht werden dürfte; mir war der Schluss des Stücks einfach zu gefällig.

Das Bühnenbild von Michael Yeargan gefiel mir ganz gut und die Kostüme von Catherine Zuber waren eine richtige Augenweide.

Da es vor ein paar Jahren Aufführungen der Oper gab, die als zu frivol angesehen wurden, was passieren kann, wenn eine Kurtisane (Giuletta) im dritten Akt mit im Spiel ist, sorgte Barlett Sher nicht nur dafür, dass sich auch Baletttänzer mit an den gezeigten gymnastischen Übungen beteiligten, sondern auch der eine oder andere Slapstick mit eingebaut wurde. Einer davon entstammt Disneyland in Anaheim. Hier hat Sher eine sehr bekannte Szene aus der Themenfahrt „Pirates of the Caribbean“ mit eingebaut — für solche kleine Spielereien liebe ich die Metropolitan Opera einfach!

Im zweiten Akt zeigte Barlett Sher, dass sie wie ich ein Fan von „Chitty Chitty Bang Bang“ ist, einer musikalischen Komödie, die Ken Hughes bereits 1968 inszenierte und noch heute immer wieder einmal im Fernsehen läuft; übrigens das gleichnamige Buch wurde von Ian Fleming geschrieben.

Barlett Shers Olympia ist eine Kopie der ins dortige Schloss eingedrungenen Truly Scrumptious, die im Film von Sally Ann Howes gespielt wird. Auf alle Fälle aber war Erin Morely, die die Olympia gab, sehr hörenswert, und ich musste erneut bedauern, dass ich ihren Höhenflügen einfach nicht mehr folgen konnte — was für eine Stimme!

„Belle nuit, ô nuit d’amour,
‘Souris à nos ivresses,
Nuit plus douce que le jour,
Ô belle nuit d’amour!“

Jules Barbier, Auszug aus der „Barcarolle“